Le mieux-être vu de l'intérieur : l'utilité du "coaching" personnel Une entrevue avec Jackie Zirpdji
Au cours des sept derniers jours, combien de fois avez-vous dit, ou entendu quelqu'un dire : "Je suis épuisé" ou "Je me sens un peu déprimé ces temps-ci" ou "Je suis à bout de nerfs"? Ces observations au sujet de l'état mental et de l'état physique sont de plus en plus fréquentes dans les conversations de tous les jours. Elles sont souvent formulées avec un sentiment d'impuissance, comme si l'on avait attrapé une grippe ou un rhume. Se peut-il toutefois que nous soyons nous-mêmes responsables de la situation? Dans quelle mesure créons-nous nos propres "mal-aises"?
Jackie Zirpdji, "coach" personnelle et consultante en mieux-être, croit que la plupart de ces sentiments d'oppression ou de dépression, sinon tous, sont en grande partie attribuables aux genres de choix que nous faisons dans notre vie quotidienne. Et il n'y a aucun doute que, dans la façon dont nous menons notre vie, nous faisons bel et bien des choix qui se répercutent sur notre mieux-être : nous décidons quand prendre la parole et quand nous taire, s'il faut être honnête ou non avec quelqu'un, s'il faut demander de l'aide à quelqu'un ou pas. D'après Jackie Zirpdji, l'impact négatif sur notre bien-être se fait sentir lorsque les choix que nous faisons donnent des résultats négatifs; mais pourtant, nous continuons à faire de tels choix. En fait, nous avons le sentiment d'être incapables d'agir autrement.
Et voici maintenant ce qu'il y a de curieux : pourquoi les êtres humains, qui sont censés chercher le plaisir et éviter la douleur, font-ils des choix qui, au bout du compte, les rendent malheureux? Pourquoi nous soumettons-nous à cela? Jackie Zirpdji a une réponse toute simple à cette question : les habitudes de pensée. Nous avons rencontré Jackie Zirpdji chez elle, à Chelsea, et lui avons demandé d'expliciter ce concept, et de parler de son travail en général.
ÊB : Qu'entendez-vous par "habitudes de pensée"? Qu'est-ce qu'une habitude de pensée et comment une telle habitude se forme-t-elle?
Le système nerveux central (SNC) est conçu pour "créer des habitudes", "se programmer "comme on dit dans le langage de tous les jours. Cela signifie que nous n'avons pas à réapprendre tout le temps à faire les mêmes choses. Notre SNC le fait automatiquement - il dirige le programme - sans que nous ayons à être conscients de ce que nous faisons. Pour beaucoup d'entre nous, c'est ce qui se passe lorsque nous conduisons une automobile - vous est-il déjà arrivé d'arriver à la maison et de ne pas savoir comment vous aviez fait pour vous rendre jusque là? - votre esprit était trop pris par vos pensées, par la musique, etc. C'est donc une excellente chose parce que nous sommes capables de faire certaines choses sans avoir à y "penser"; cela laisse de la place pour faire bien d'autres choses. Nos habitudes de pensée et nos structures de comportement contribuent à créer la lentille par laquelle nous voyons le monde et nous nous voyons dans le monde. En outre, avant qu'une pensée ne pénètre notre conscience, il y a dans l'organisme une réponse énergétique qui façonne les voies neurales, ce qui signifie qu'il y a une structure physiologique de réponse aux événements qui se produisent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de nous. Il est bon de se poser des questions sur un mal de gorge chronique, ou une douleur au bas du dos, parce qu'il y a une intelligence dans le corps à laquelle on a accès. Un grand nombre de ces habitudes de pensée et des réponses physiques connexes s'acquièrent par nos premières expériences, depuis le stade "in utero" jusqu'à l'âge de six ans. Est-ce la seule façon possible de "voir" le monde? Absolument pas, c'est juste la façon dont nous avons été "programmés". La question qui se pose maintenant est la suivante : ces habitudes de pensée me sont-elles utiles ou non?
ÊB : Pourquoi nous sommes-nous formés ces habitudes de pensée dès le départ si, en fin de compte, elles contribueront à rendre nos vies pénibles? Nous ont-elles déjà été utiles?
Nous acquérons certaines de nos habitudes de pensée en assimilant ce que nous voyons, ce que nous entendons et ce que nous sentons. Si nous voyons, entendons et sentons constamment des mots et des comportements qui indiquent que le monde n'est pas un lieu sûr, par exemple, nous en ferons une croyance, une habitude de pensée, qui s'infiltrera dans la façon dont nous vivons. L'une des présuppositions fondamentales de WEL-Systems NLP (http://www.wel-systems.com/welnlp.htm) est que chaque réponse est une réponse intelligente. En tant qu'enfants, nous apprenons très vite ce qui nous procurera de l'amour, et ce qui ne le fera pas. Nous acquérons aussi d'autres habitudes de pensée, qui donnent un sens à notre monde. Si ma mère est toujours en train de faire des choses pour moi parce qu'elle éprouve le besoin que les choses soient faites parfaitement, il est possible que j'acquière une croyance, une habitude de pensée, qui me dit que je suis incapable de faire les choses par moi-même. Cela encore influencera la façon dont je mènerai ma vie. C'était peut-être utile quand ma mère faisait tout pour moi lorsque j'étais enfant, mais cela ne fonctionnera probablement pas pour moi, en tant qu'adulte, pendant que je m'efforce de devenir tout ce que je puis être. Ma vie sera dans ce cas une invitation à remarquer et à laisser tomber les habitudes de pensée qui ne me sont pas utiles et à en adopter d'autres qui le sont.
ÊB : Comment en vient-on à reconnaître ses habitudes de pensées? Autrement dit, comment fait-on pour que notre cerveau prenne suffisamment de recul par rapport à une habitude de pensée pour la reconnaître?
En étant attentif! Nous n'avons pas l'habitude d'être attentifs dans nos vies, à des choses comme : les choix que nous faisons, les choses que nous remarquons et celles que nous ne remarquons pas, les événements qui provoquent des changements en nous, comme notre état intérieur ou les réactions de notre corps, les stratégies que nous appliquons pour obtenir des résultats différents, de même que les habitudes qui se répètent dans nos vies. Tout ce que nous faisons, c'est mener notre vie et la regarder se dérouler comme si quelqu'un d'autre était au volant. Quand nous commençons à prêter attention à ce qui se passe, nous commençons à remarquer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Dès ce moment, il est possible de s'arrêter et de dire : "Ici, je peux faire un autre choix".
ÊB : Vous dites que les "coachs" personnels sont là pour nous aider à reconnaître nos habitudes de pensée et de comportement préjudiciables ou d'auto-négation. Une fois que nous reconnaissons ces habitudes, les "coachs" nous donnent-ils d'autres façons de penser ou d'agir, ou sommes-nous laissés à nous-mêmes?
Si Susan ou moi sommes votre "coach" personnelle, il ne sera pas nécessaire que vous trouviez la solution par vous-même. La raison est la suivante : il n'y a pas de truc infaillible, il n'y a que votre façon de faire qui fonctionnera pour vous. Ce que nous faisons, c'est vous aider à entrer en contact avec ce qui vous convient. Notre approche ne consiste pas à déterminer, à analyser ou à vous donner des réponses ou des manières de penser ou d'agir. Nous croyons que vous avez en vous toutes les réponses. En tant que "coachs" personnelles, nous travaillons avec vous pour entrer en contact avec ces réponses en vous posant les bonnes questions, en vous invitant à songer à d'autres possibilités et en vous aidant à prendre conscience de ce qui, selon vous, est la vérité et de ce qui ne vous est peut-être pas utile. Susan et moi sommes toutes deux des "coachs" certifiées par le WEL-Systems CODE Model - le mot CODE veut dire "Creation Out of Deep Energy". Notre approche n'est pas fondée sur le fait que nous déterminons et analysons des choses. Nous utilisons plutôt le pouvoir de traitement de l'organisme pour vous aider à faire vos propres découvertes. Résultat : à la fin de l'expérience de "coaching", non seulement vous connaîtrez des choses intellectuellement, mais votre tissu physique aura également absorbé les nouvelles données et aura créé de nouvelles voies neurales, ce qui vous permettra maintenant d'évoluer dans la vie différemment.
ÊB : Très bien, voici maintenant une de ces questions du genre "dans la vraie vie…". Dans la vraie vie, il est possible qu'un patron demande à un employé d'effectuer un nombre excessif d'heures supplémentaires. Disons que je suis cet employé et que mon habitude de pensée me ferait dire : "Oui, patron!", même si je n'ai pas envie de faire autant d'heures supplémentaires parce que celles-ci me causeraient d'autres problèmes, surtout dans ma vie familiale. Maintenant, j'en suis venu à reconnaître que cette réaction est une habitude de pensée, et j'y mets fin. Je me dis qu'il faut avoir le courage de dire "non", mais j'ai peur de : a) créer des problèmes à mon patron, b) perdre son respect, c) ne pas être pris en considération pour une promotion, ou d) perdre mon emploi. Il s'agit là de craintes bien réelles parce que, dans le monde réel, ce sont ce genre de choses-là qui arrivent. Qu'est-ce que vous, mon "coach" personnel, me suggéreriez de faire?
C'est là une excellente question et un bon exemple de la raison pour laquelle une personne, soit un patron soit un employé, suivrait une séance de "coaching". La séance comporterait habituellement de nombreuses questions, des questions qui, fort probablement, amèneraient la personne à réfléchir. Certaines d'entre elles pourraient porter principalement sur le fait de fixer des limites - comme : dans quels autres aspects de votre vie avez-vous de la difficulté à fixer des limites? Dans quels autres aspects de votre vie les résultats ou la performance passent-ils avant le reste? Quels sont les résultats que vous créez à cause de cela? Quels autres choix avez-vous? Nous pourrions prêter attention au contexte - comme : dans quelle mesure est-il facile pour vous de fixer des limites avec vos pairs, mais non avec des figures d'autorité, par exemple. Nous prêterions aussi attention aux réactions physiques à ces questions et travaillerions sur ces dernières pour accéder à l'information qui y est associée. Il n'est donc pas question de suggérer ce que vous devriez faire ou comment vous devriez réagir, mais plutôt de vous guider dans le processus d'auto-découverte, de sorte que vous puissiez faire des choix qui vous permettront de vous engager véritablement dans n'importe quelle situation, tout en étant sûr de ce que vous voulez et de ce que vous ne voulez pas.
ÊB :Vous avez utilisé l'expression "moi authentique" un certain nombre de fois. Qu'entendez-vous par là?
Ce mot découle de la croyance que nous arrivons sur cette planète, dans cet espace et dans ce temps, avec un signal unique, un signal que l'on peut qualifier d'âme ou d'intelligence divine. Ce signal définit votre contribution potentielle, ou le sens que vous voulez donner à votre vie. Ce signal unique est ce que j'appelle le moi authentique. Il s'agit de l'identité en perpétuelle mutation de ce que vous êtes capable de devenir.
ÊB : Quand vous travaillez avec des clients, leur procurez-vous des outils ou des techniques qui les aideront à devenir leur moi authentique?
Ce que nous leur procurons, principalement, c'est un point de vue différent à partir duquel considérer la vie - la perspective de WEL Systems. Les modèles et les informations associés à WEL-Systems créent un nouveau filtre perceptuel - une nouvelle fenêtre sur le monde - qui nous permet de voir non seulement les choses différemment, mais aussi des choses différentes. Cela permet aussi de faire ressortir de nouvelles questions, des questions que les individus apprennent à se poser et qui les aideront à faire un lien avec leur "moi". Un élément fondamental de la perspective de WEL-Systems est que notre organisme est un bioprocesseur capable de traiter des quantités surprenantes d'informations. Nous procurons aux individus un outil qui les aident à accéder à l'information que leur organisme comporte en lui-même, un outil que WEL-Systems Institute appelle le Quantum TLCMD et qui comporte un processus en trois étapes : respirer, suivre l'impulsion, se permettre de connaître la vérité.
ÊB : Dites-nous en plus sur le "coaching" personnel. Certains considèrent qu'il s'agit de l'équivalent "new age" de la psychothérapie. Que répondez-vous à cette affirmation?
New Age, psychothérapie, "coaching" : ce sont tous des mots qui veulent dire des choses différentes pour des gens différents. Le "coaching" n'est pas de la psychothérapie, de la thérapie ou du counselling. Le "coaching" personnel revêt en soi de nombreuses formes différentes, mais l'élément constant est que ce "coaching", cet encadrement, est là pour aider les gens à prendre davantage conscience de ce qu'ils sont, de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas, ainsi que de la façon d'atteindre leurs objectifs. Les "coachs" personnels ont recours à des compétences et à des outils différents pour atteindre ce but. Susan et moi sommes toutes deux des associées du WEL-Systems Institute et avons toutes deux atteint le niveau de formation supérieur auprès de l'Institute, en tant que "catalyseurs" du WEL-Systems. Cela signifie qu'il y a certains fondements qui sous-tendent le travail que nous faisons avec les personnes et les équipes faisant affaire avec nous et qui comportent les éléments suivants : conscience accrue de soi, auto-habilitation, réflexion sur les possibilités et intelligence innée du corps. Ces éléments fixent le cadre dans lequel a lieu la conversation qui se déroule lorsque nous fournissons nos services et qui nous incite à poser les vraies questions, celles qui font réellement la différence dans la vie d'une personne.
ÊB : Je vais terminer en vous posant l'une de ces grandes questions philosophiques générales. L'existentiel est toujours fascinant. Que se passe-t-il dans notre monde pour que nous ayons perdu contact avec ce que nous sommes? Pourquoi, en vérité, avons-nous besoins de gens pour nous aider à nous connaître?
Nous avons grandi dans une société qui nous encourage à regarder à l'extérieur de nous-mêmes. Nos systèmes familiaux, nos systèmes scolaires, nos systèmes religieux, nos systèmes médicaux, tous nous encouragent à nous tourner vers l'extérieur pour obtenir des conseils, pour une approbation, pour des soins, pour la réponse. À cause de cela, nous avons perdu contact avec ce que nous sommes, avec ce qui est important à nos yeux, avec les ressources que nous possédons pour créer ce que nous voulons. Nous avons grandi dans une société qui met l'accent sur l'intellect avant tout autre chose. À cause de cela, nous avons négligé l'intelligence de notre corps, au point où nous ne reconnaissons plus les messages de notre espace intérieur, les messages de nous-mêmes. Résultat : bien des gens sont malades et agonisent, soit physiquement, soit émotivement. Je crois que ce n'est pas là le but du don de la vie. Dans notre travail, nous avons découvert que les gens qui prennent le temps de comprendre comment il se fait qu'ils sont devenus ce qu'ils sont, ou qui prennent le temps de vivre leur vie les yeux ouverts, parfaitement conscients qu'ils choisissent et créent la vie instant après instant, que ces gens récupèrent le pouvoir qu'ils ont de créer une vie qui, croient-ils, vaut la peine d'être vécue, et commencent à devenir tout ce qu'ils peuvent être. Ce n'est pas une quête que tous veulent faire seuls. Nous avons les compétences et la présence voulues pour les accompagner dans ce périple.
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